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Pour bien des éducatrices, l'observation est une activité
spontanée et naturelle. Elle est souvent utilisée
en service de garde pour mieux connaître l'enfant sur le plan
de son développement ou pour comprendre un comportement problématique.
Les outils comme les grilles et les tableaux permettent de rapporter
des faits objectifs et limitent les interprétations. Les
données d'observation recueillies sur grille, permettent
à l'éducatrice d'orienter ses interventions dans le
but de mieux faire cheminer l'enfant. Rares sont les éducatrices
qui observent le groupe pour planifier leur programme d'activités.
Marion découvre, en discutant avec sa stagiaire que son premier
objectif de stage est de faire de l'observation participative avant
même de penser à développer des idées
d’activités. Lorraine doit prendre le temps d'observer
leurs goûts, intérêts et leurs limites comme
groupe. Quelles sont les actions qu'ils répètent?
Quels sont les jeux qu'ils aiment faire? Quels sont leurs échanges?
Qu'est ce qui les fait rire? Comment gèrent-t-ils leurs conflits?
Quel est le niveau de développement de l'ensemble du groupe
sur le plan moteur, cognitif, social et affectif? Ces observations
permettront à Lorraine de connaître les enfants afin
de mieux saisir leurs besoins. Les données recueillies serviront
à planifier, structurer et organiser des activités
adaptées au groupe. Marion découvre en parlant avec
sa stagiaire qu'il est bien difficile de planifier des activités
sans connaître le groupe. Marion constate que ne pas utiliser
l'observation pour planifier c'est comme bâtir une maison
sans fondation.
En observant le groupe, elle découvre qu'Émilie est
souvent dans le coin autos avec Pierre-Luc; ils organisent des circuits
pour faire des routes avec les voitures. Elle constate que Luce,
Claudie et Marie-Éve aiment beaucoup faire des jeux de table
qui demandent des habiletés en motricité fine. Quant
à Juliette et Alexis, ils sont dans le coin déguisements
et se font différents scénarios et pour ce qui est
de Charles, elle remarque qu'il est souvent seul (le fait de venir
3 jours semaine au CPE ne lui permet pas de faire «SA»
place auprès du groupe). Plusieurs autres observations aident
Marion à identifier les besoins de son groupe de 4 ans.
La mise en commun de ses observations avec celles de sa stagiaire
confirme que le groupe a besoin davantage de place pour être
autonome et prendre de l'initiative. Le fait de démontrer
de l'intérêt pour des jeux de manipulation lui indique
qu'il pourrait être intéressant de nourrir les coins
par des objets qui demandent de la précision et de la minutie.
Par exemple, avoir différents types de petits objets qu'ils
peuvent classer, aligner, sérier et s'inventer des jeux.
Offrir dans le coin autos du matériel de récupération,
pour permettre d'organiser leurs jeux d'une toute autre façon.
Par exemple, leur permettre de faire des chemins avec du papier
collant coloré, mettre des boîtes à souliers
pour faire des garages, installer le tapis de voitures au mur plutôt
qu'au sol. Le coin déguisements est populaire pour certains
enfants, ajouter du matériel qui stimule l'imagination, par
exemple un clavier d'ordinateur, des sacs d'épicerie, des
articles de coiffure, articles à mettre dans les sacs à
mains (tablette de papier, crayon, porte monnaie, lunette de soleil)
etc. Ajoutez dans le coin livres, des cartes postales, cartes de
fête, des albums photos de chacun des coins avec les enfants
en action, des circulaires, revues d'autos. Ce coin peut être
l'occasion pour Marion d'échanger avec Charles.
Marion constate que ses observations sont riches d'informations.
La planification de ses observations avec des objectifs plus précis
lui permet de mieux voir les besoins. Elle remarque que cette nouvelle
approche change de beaucoup sa façon de voir son travail
d'éducatrice. En effet, elle n'est plus celle qui apporte,
propose et même impose ses idées pour répondre
à sa planification. Maintenant, elle regarde et cherche à
voir les intérêts, goûts et besoins de son groupe
actuel. Ce changement lui permet d'être attentive à
chacun des enfants, sensible aux différences et même
créative pour apporter de nouvelles stimulations. Elle considère
avoir plus de temps avec chacun des enfants car son rôle n'est
plus d'animer, de montrer et même d'enseigner mais plus de
suivre et de supporter l'évolution de chacun des enfants.
En fait, Marion n'est plus au centre des enfants mais les enfants
au centre de ses préoccupations!
Lorraine est en stage depuis trois semaines, elle participe aux
jeux des enfants, elle note ses observations, elle apprend à
les connaître, elle identifie de plus en plus les intérêts
des enfants. Lorraine découvre qu'ils aiment bien les insectes,
qu'ils lui posent souvent des questions sur la vie de ces derniers,
qu'ils cherchent dans la cour des vers de terre, araignées,
des coccinelles. Elle profite de cette préoccupation du groupe
pour alimenter leur intérêt. Elle apporte des livres
et des revues sur le sujet. Elle cache des insectes en plastique
dans des boîtes à souliers remplies de sable. Elle
organise un safari d'insecte dans la cour, chacun cherche des insectes
à mettre dans sa chaudière. Elle permet, aux enfants
qui le désirent, d'étudier leurs trouvailles avec
des loupes. Lorraine a eu beaucoup de plaisir à voir les
enfants vivrent ces différentes expériences scientifiques
qui découlent de ses observations et de sa grande sensibilité
aux enfants.
Marion et Lorraine sont maintenant convaincues «qu'observer
pour mieux planifier c'est l'affaire de tous!»
Ce texte m'a été inspiré par mon travail
de superviseure de stage. Lorraine, étudiante de deuxième
année en techniques d'éducation à l'enfance
m'a permise de faire ses belles découvertes. Merci pour ta
générosité!
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