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Comme plusieurs
jeunes enfants, Élaine vit difficilement la séparation
avec son éducatrice; elle se sent démunie, en perte
de ressource lorsque son objet d’amour n’est plus dans
son environnement. Son sentiment de sécurité se voit
fragilisé selon les moments de vie, les situations de changement
et les différentes relations d’attachement dans la journée;
des stress qu’Élaine contrôlent avec difficulté.
Ces comportements sont fréquents en début d’année
lorsque l’enfant connaît peu l’éducatrice
et son environnement. Après quelques semaines dans des routines
stables, l’enfant reconnaît les attentes, les consignes
et les moments de vie de son milieu. Il se sent en sécurité
dans son groupe, une plus grande ouverture pour le jeu s’installe
et la capacité d’être en relation avec l’autre
est de plus en plus intéressante. Pour Élaine, la situation
en est tout autrement. Son sentiment de sécurité doit
être travaillé pour lui permettre de vivre des journées
agréables et de créer des liens d’attachement
avec plusieurs adultes.
À la base, le sentiment de sécurité se développe
par le lien d’attachement. L’enfant développe
sa sécurité avec les personnes significatives de son
environnement. Le milieu de garde est l’endroit où
l’enfant a la possibilité de créer des relations
autres qu’avec maman et papa. Lorsque la base de l’attachement
est solide, l’enfant se permet d’aller vers d’autres
personnes sans avoir peur de perdre l’attachement déjà
existant. Il sait qu’il peut retourner en tout temps à
la base spatiale pour avoir réponse à ses besoins
affectifs.
Pour
aider un enfant qui manifeste de l’insécurité
devant des situations ou des personnes nouvelles, l’éducatrice
doit prioriser la stabilité dans les routines, règles
et dans ses propres humeurs. Le milieu doit être sensible
au roulement du personnel qui peut créer un sentiment d’insécurité
surtout chez le petit. Des règles de conduites constantes,
réalistes et logiques permettront à l’enfant
d’anticiper les événements et de mieux les comprendre.
Certaines activités de gestion de stress peuvent également
aider l’enfant à réduire ses crises de panique
devant une situation nouvelle. Dans la relation d’attachement
avec son éducatrice, l’enfant doit sentir une disponibilité
affective de l’adulte. Plus l’éducatrice manque
de constance dans les demandes affectives de l’enfant, plus
l’insécurité sera présente chez le petit.
L’enfant va mettre ses énergies pour retrouver la disponibilité
de l’éducatrice et ce en cherchant son attention par
différents moyens (demandes excessives, pleurs, crises, comportements
inacceptables, etc.)
Maryse a observé qu’elle devient tellement vidée
de ses énergies par les demandes d’Élaine qu’il
lui est difficile d’être constante dans ses marques
d’affection. Le matin, elle accueille la petite avec beaucoup
de patience et de tolérance, mais, en après-midi elle
se sent vraiment dépourvue car les demandes persistent malgré
toute l’affection qu’elle lui donne. Son attitude est
alors plus détachée, elle la laisse pleurer et elle
refuse même de la prendre tant qu’elle est épuisée.
L’éloignement de l’éducatrice insécurise
davantage l’enfant. Maryse doit nommer à Élaine
ses intentions «je sais que tu veux que je te prenne mais
présentement c’est pas possible parce que…».
Encourager l’enfant à jouer, favoriser le grandir de
l’enfant, nommer le plaisir que vous avez de jouer avec elle
pour inviter les autres vers elle. De cette façon Élaine
va développer des situations de jeux pour avoir l’attention
de l’adulte et réduire son besoin constant DES BRAS,
DES BRAS.
Maryse comprend maintenant mieux l’attitude de la petite.
Elle veut se donner des moyens pour encourager le sentiment de sécurité
d’Élaine. Après réflexion, elle constate
que ses routines sont stables dans le temps et dans la façon
de les exercer. Elle remarque par contre, qu’elle oublie d’informer
les enfants de certains changements (par exemple lorsqu’elle
quitte le local pour sa pause, lorsqu’elle est remplacée
pour la période du dodo ou pour sa journée de congé).
Les moyens que Maryse peut mettre en place pour aider la petite
peuvent être par exemple de nommer et montrer des images sur
les moments de la journée, utiliser
des photos (maman, papa, éducatrice de rotation, éducatrice
du groupe, les photos des amis). Un jeu de photos à la disposition
de l’enfant va permettre à Élaine d’avoir
des images affectives dans des moments plus difficiles. Elle peut
aussi parler plus à l’enfant de ses émotions,
par exemple: «je comprends que tu ne veux pas que je te quitte
mais je dois partir pour revenir demain. C’est Sylvie qui
vient jouer avec toi», lui montrer sur la photo. Lorsqu’elle
se déplace dans le CPE, Maryse peut demander à Élaine
de la regarder partir et lorsqu’elle la voit revenir lui dire
«coucou». Elle peut aussi chanter dans ses déplacements,
l’enfant va être attentif au timbre de voix. Ce qui
peut apaiser son stress. Favoriser les mises à distance progressive,
introduire un jeu avec l’enfant, s’éloigner lorsque
d’autres s’y intéressent avec elle. Valoriser
le plaisir de jouer en dyade soit avec Pierre-Luc ou Aline.
Après un mois de mise en application de différents
moyens d’intervention, Maryse observe des changements dans
les comportements d’Élaine. Voyez comment à
l’aide d’une fiche d’observation l’éducatrice
a pu voir l’évolution de la petite. Le 15 décembre,
je vous parlerai des bienfaits de cette fiche dans le texte LES
PLAISIRS D’ÉLAINE…
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